Chronique de la Famille Mertens de Wilmars

 

L’église Saint-Laurent à Wilmarsdonk

La tour de l’église Saint-Laurent de Wilmarsdonk est tout ce qui reste de ce village des polders détruit dans les années soixante en vue de l’agrandissement du port d’Anvers (voir ici pour un peu plus de détails).

Wilmarduno est mentionné en 1157 comme un endroit avec une chapelle de culte dépendant de Zandvliet. L’endroit est mentionné comme paroisse à partir du XIVème siècle. C’est le chapitre de l’église Notre-Dame d’Anvers qui en nomme le prêtre. Avant la création du diocèse d’Anvers en 1599, la paroisse dépend du doyenné d’Anvers lui-même dépendant du diocèse de Cambrai. Après le concordat (traité signé entre le Saint-Siège et un État, en l’occurrence, la France de Napoléon Ier dont dépendait notre territoire) de 1801, la paroisse fait partie du doyenné extérieur d’Anvers et du diocèse de Malines. Enfin, elle sera rattachée au doyenné d’Ekeren.

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Des brasseurs

Depuis le début du XIXème siècle, la famille Mertens est étroitement liée à l’activité brassicole. Pierre (III) Jean Mertens (1796-1852) est le premier brasseur connu. Cette activité, après une lignée de bateliers, vient sans doute de son grand-père maternel, Pierre Joseph Van Damme (ou plus probablement d’un de ses oncles car son grand-père décède alors qu’il n’a que 12 ans).

Les origines: une première brasserie à Boom

Pierre ne reprend pas la brasserie familiale qui continuera a être exploitée sous le nom VAN DAMME jusqu’à la fin du XIXème siècle mais fonde une brasserie Mertens à Boom. Read more

Nous descendons tous de Charlemagne…

La plupart des Belges qui s’intéressent tant soit peu à la généalogie vous diront qu’ils descendent de Charlemagne. Et bien, pour les Mertens de Wilmars, le lien est quasiment confirmé. En voici la petite histoire.

Pour rejoindre Charlemagne à partir de la famille Mertens, il faut remonter à certains moment de manière cognatique (par les femmes). Remontons donc dans la généalogie des Mertens jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, au premier des brasseurs, Pierre-Jean Mertens (1796-1852) établit à Boom. Son père, Michel François Joseph, dit Franz, Mertens (1771-1840) avait épousé une van DAMME, Marie-Catherine Françoise (1771-1827) fille d’un brasseur (ce qui n’est pas sans lien avec la futur profession de son fils Pierre-Jean, mais ceci est une autre histoire !).

En seconde noce, Pierre Joseph van DAMME (1733-1806), le brasseur, épouse Marie-Thérèse van REETH de Boom (1739-1814) qui lui donnera 10 enfants dont Marie-Catherine, femme de Franz Mertens. Read more

Wilmarsdonck

Wilmarsdonck fut un petit village des polders au nord de la ville d’Antwerpen. Ce fut sans doute un fief de la famille Wilmaers.

Ce village est mentionné pour la première fois en 1155, avec Ekeren, dans une charte de l’abbaye Saint-Michel de Anvers.

Les habitants de ces villages des polders étaient appelés « paddenbuiken » (ventre de crapauds) qu’on retrouve dans la généalogie des Wilmaers.

Au centre de se village se dressait l’église Saint-Laurent dépendante de l’abbaye de Saint-Michel. Plusieurs traces du village subsistent dans les cartes anciennes notamment lors de la bataille d’Ekeren, pendant la guerre de succession d’Espagne, le 30 juin 1703. Read more

La libération de Kruibeke

Le 9 septembre 1944, le lieutenant Pierre Chardome entre avec ses hommes dans le village de Kruibeke. Il s’agit essentiellement d’une opération de nettoyage d’arrière-garde. Le gros des opérations militaires des Alliés s’est déjà porté plus au nord (au nord d’Antwerpen) pour libérer l’Escaut et le port d’Antwerpen.

Le lieutenant Chardome fait arrêter le bourgmestre mis en place par l’occupant nazi et se dirige vers la grosse maison bourgeoise en face de l’église, demeure de la famille Mertens. La population du village se rassemble sur la place devant la maison Mertens et, du perron, le lieutenant Chardome, qui a été chercher Mr Antoine Mertens de Wilmars, explique à la population que c’est ce dernier, leur bourgmestre, qu’ils sont libérés de l’occupant allemand.

Antoine Mertens de Wilmars accueillera le jeune lieutenant Chardome et ses hommes quelques jours dans sa demeure… Et c’est de là que naitra l’idylle entre Pierre Chardome et Marie-Jeanne (surnommée Flon), la fille aînée d’Antoine Mertens de Wilmars. Ils se marieront le 4 avril 1946. Leur fils, Patrick Chardome, officie toujours comme docteur généraliste dans le village de Kruybeke.

(souvenir de Pierre Chardome)

La famille Wilmaers

Nous l’avons déjà signalé, la famille Mertens et la famille Wilmaers entretiennent des liens étroits. Comme nous l’avons dit, les Mertens de Wilmars ont eu le droit d’ajouter ce nom au leur et de relever partiellement les armes des Wilmaers.

D’où vient le lien ?

Le lien n’est pas un lien agnatique (un lien issu de source masculine) comme souvent en généalogie, mais il vient par la femme de Henri Mertens (1851-1920), Marie-Josèphe Erix (1851-1926). Son grand-père, François Erix, avait épousé Jeanne Marie Françoise de Winter; elle même fille de Adrien de Winter et de Anne-Thérèse Wilmaers dont les ancêtres remontent à une famille patricienne d’Antwerpen. Read more

Les armes des Wilmaers

Les armes des Mertens de Wilmars ont été choisie pour « relever »*, plus ou moins, celles de la famille Wilmars ou Willemaers, cette famille de patriciens et échevins d’Antwerpen, éteinte et dont nous descendons notamment.

Les armes des Wilmaers étaient « De sable à la bande échiquetée de gueule et d’argent à deux tires, accompagnées de deux quintefeuilles d’argent » (Nobiliaire des Pays-Bas et du comté de Bourgogne, Volume 4 par de Vegiano, Jacques S. de Herckenrode, 1868).
Armes des Wilmaers

Comparez avec les armes des Mertens de Wilmars…

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* Relever des armes signifie reprendre des armes d’une famille éteinte (souvent apparentée d’une manière ou d’un autre, par exemple par les femmes).

L’origine du nom Wilmars

Comme Mertens, Wilmars vient d’un prénom: Wilmar. c’est un prénom d’origine germanique. Son étymologie est à chercher dans le vieux haut allemand (Althochdeutsch – parlé de 750 env à 1050 env dans une région comprise entre Magdebourg et les Alpes et entre Metz et Vienne).

Wilmar est composé de willo « désir, souhait » (willen en néerlandais) et mari « gloire, fameux » et signifie donc « désir de gloire ».

Le « s » final, comme dans Mertens, indique l’appartenance: fils de Wilmar.

Dans un autre article nous discuterons de l’origine de ce nom dans la nom de la famille.

Mertensia… Une famille de belles petites fleurs

Mertensia est le nom d’un genre de plante qui contient une cinquantaine d’espèces de la famille des Boraginacea, essentiellement localisées dans l’ouest de l’Amérique du Nord (mais l’une ou l’autre espèce se retrouve également en Eurasie). La plupart des espèces sont des plantes vivaces se développant dans des habitats variés mais généralement rocailleux.

Le nom de cette plante vient du biologiste allemand Francis Carl Mertens (1764-1831). La sous-espèce Mertensia maritima prend comme noms communs: Mertensie maritime, Huitre de terre, Pulmonaire de Virginie, Sanguine de mer ou encore en anglais : Oysterleaf ou Sea lungwort.

La plupart des sous-espèces ont des petites fleurs bleues, mauves ou violettes en grappe.

Du côté du bassin d’Arcachon, cette plante (en tout cas l’espèce Mertensia maritima) est cultivée. Elle est comestible et donne un assez fort goût de poisson ou d’huitre aux aliments d’où son nom d’huître de terre).

 
Mertensia Maritima Mertensia Virginica

Pour aller plus loin

L’origine du nom Mertens

Selon les statistiques du Service Public Fédéral Economie, le nom de famille Mertens était en 2013, le cinquième nom le plus commun en Belgique avec 18.480 personnes portant ce nom (18.518 en 2008, 9ème en Région Bruxelloise – 5ème en 2008 -, 6ème en Flandre et 72ème en Région Wallonne en 2008).

Mertens est une déformation de Maertens version flamande de Martin avec le « s » final symbole d’appartenance (comme en anglais). Ce nom signifie donc fils de Martin. Martin (en latin Martinus) est également un des noms de famille les plus courant en France, référence à un des grands saints fondateurs de la chrétienté française, Saint Martin, évêque de Tours (né en 316 ou 317 en Hongrie  – mort en 397 ap J.C. à Candes en France). Nous rappellerons dans un autre article son histoire.

Le prénom Martin est lui-même dérivé du nom du dieu romain Mars, dieu de la guerre.